Jour 4 – On a bien fait de prendre des ponchos
Ce matin le ciel est encore un peu gris. Il a plu toute la nuit. Juste devant notre bivouac se dresse un sommet qui ne demande qu’à être exploré. De la haut la vue doit être magnifique. Il nous faut pas beaucoup de temps pour prendre la décision d’y grimper. On laisse les sacs en bas au pieds d’un rocher. Le terrain est fait des gros pierriers, pas facile d’avancer. Trempés, ils sont très glissant.


Un fois de plus, alors que le temps paraissait stable, d’énormes nuages avancent droit sur nous. Il ne fait aucun doute que dans quelques minutes on va se retrouver dans une purée de pois. Ni une, ni deux on prend la décision de redescendre. En effet, on y voit plus grand chose. Il s’en ai fallu de peu que l’on ne retrouve plus les sacs que l’on avait laissé en bas. On les récupère et on se remet en route.

Un peu plus bas, changement de décors, la forêt refait son apparition mais cette fois beaucoup plus dense et humide. On se croirait en Amazonie. La progression n’est pas des plus facile. De plus en plus humide, on se retrouve face à des marais infectés de moustiques. Pas moyen de le contourner. On prend notre courage à deux mains et on fonce. Enfin façon de parler, l’eau boueuse s’infiltre dans nos chaussures, on s’enfonce jusqu’aux genoux parfois, les pieds collent, on glisse… on finit par partir dans des fous rire incontrôlables, on est pas prêt de l’oublier celle-là !

Malgré tout, il nous en reste sous le pied, on décide prendre un peu d’avance sur demain. Soudainement, il se remet à pleuvoir. Un peu plus fort. Puis, beaucoup plus fort. On essaie de se mettre à l’abri sous un arbre et on enfile les ponchos. On y reste un bon quart d’heure avant une petite accalmie. Mais la pluie a laisser place au brouillard, on y voit pas à trois mètre, mais faut se dépêcher de monter les tentes avant qu’il ne repleuve.

Quelles minutes plus tard, le ciel se découvre et dévoile le paysage. On se rend compte qu’on a planté les tentes au bord d’une falaise abrupte de 200 mètres d’ou dévale une cascade impressionnante. En face de nous, la vallée de Rapa que l’on vient de remonter. C’est magnifique !

Jour 5 – Joyeux anniversaire Damien
Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Damien, la journée s’annonce sympa, on est tous d’humeur joyeuse. C’était sans compter qu’on était au Sarek en plein mois d’Août, mois le plus pluvieux de l’année avec plus de 20 jours de pluie. Mais ça peut pas être pire qu’hier. Et pourtant, si. Nous enfilons nos affaires trempés de veille et nous repartons rapidement car la météo annonce beaucoup de pluie aujourd’hui.

Entre les buissons bien touffus, les pierriers glissants et la pluie qui redouble, le vent vient s’inviter à la fête. La progression se fait lente. Notre itinéraire n’étant pas très précis vu qu’il n’y a pas de sentier, on finit pas se retrouver face à un ravin. Il faut remonter le torrent pour pouvoir passer de l’autre côté. Le vent s’accentue et amène avec lui le brouillard. Cette fois c’est sûr, ça peu pas être pire. Et pourtant… surprise maintenant il grêle !

On a remis les ponchos, mais lis volent dans les tous les sens, à vrai dire ils ne servent pas à grand chose. Mais on garde pour autant le moral, c’est l’anniversaire de Damien après tout. Ce sera le running gag du jour, plus on est dans la difficulté plus avec Nicolas on lui lance des « Ha au fait, joyeux anniversaire Damien », ce qui provoque de bonne rigolades.

On finit par apercevoir l’objectif du jour, le sommet du Skierfe (alt. 1 179 m), sommet emblématique du Sarek. L’ascension sous la pluie et le vent n’est pas de tout repos. Mais le jeu en vaut la chandelle. Au somment la vue sur le delta et le Lájtávrre est incroyable. On y reste quelques minutes, histoire de savourer et de fixer ce magnifique panorama dans nos mémoires. Le temps aussi de prendre quelques photos et nous revoilà parti.


La pluie continue de tomber. On refait le plein des gourdes pour le repas du soir et on monte les tentes un peu plus bas à l’abri du vent. Nicolas a pensé à tout et sors des bougies. « Ha au fait, joyeux anniversaire Damien ». On éteins les frontale le sourire au lèvres. La journée a été longue.

Jour 6 – La boucle est bouclée
Ça commence à sentir la fin. Aujourd’hui, nous devons retourner au lac pour rejoindre la Kungsleden avant de revenir au point de départ demain dans la matinée. Alors on enfile nos chaussures mouillées comme hier et avant hier. Le ciel est dégagé, mais comme hier et avant hier, aujourd’hui il devrait pleuvoir une bonne partie de la journée. Normal.

Après quelques kilomètres toujours aussi sauvage, nous arrivons au lac. Pas trop tôt, la pluie s’est intensifiée. Mais la petite barque de Mikaël qui doit nous servir de taxi n’est pas au rendez-vous. À la place sur le ponton, nous trouvons un mot trempé sous un caillou, de notre capitaine : « Je suis parti plus tôt ce matin. Je serai de retour dans la journée. Asseyez-vous et attendez. ». Ha !? Pas de chance, la journée risque d’être longue.


Alors que l’on commence à réfléchir comment construire un petit abris de fortune avec les ponchos, la barque de Mikaël, pointe le bout de son nez à l’horizon. La chance est en train de tourner. C’est la soeur de Mikaël qui est à bord et nous fera traverser. Elle nous explique que le pluie et surtout le vent vont s’intensifier et que ce sera sans doute le dernier voyage de la journée qu’elle va faire. On a vraiment eu de la chance !

Bien que l’aventure ne soit pas encore totalement terminée, nous sortons du Sarek. On se retourne une dernière fois avec comme un air de nostalgie. On aura passer de bon moments et un anniversaire inoubliable. Après encore 2 bonnes heures de marchent sous la pluie et le vent, entre coupée de petites éclaircies, nous retrouvons le chemin empreinte à l’aller.

On a retrouvé de la 4G, on check rapidement un coup d’oeil à nos réseaux sociaux et on en profite pour envoyer quelques messages à nos proches. Mais nous faisons attention à garder de la batterie, car ce soir c’est la finale de la Ligue des Champions entre le PSG et le Bayern de Munich. Nous ne sommes pas des fans de foot, mais l’idée de regarder le match en Laponie, sous la tente avec le bruit de la pluie tout en dégustant un Lyoph pâtes à la bolognaise nous séduit. Victoire du Bayern… Allez dodo !

Jour 7 – Toutes les bonnes chose on une fin
Aujourd’hui, il se pourrait qu’il ne pleuve pas. La journée s’annonce tranquille, nous avons que 10 kilomètres à parcourir avant d’arriver au refuge du point de départ. La bonne nouvelle c’est qu’après avoir quasiment mangé tous les plats lyophilisés les sacs se font un peu moins lourds. On a beau prendre tout notre temps et profiter des derniers paysages, on a l’impression d’aller vite.


On perçoit déjà le refuge de Saltoluokta en contre-bas, synonyme d’arrivée et de fin de l’aventure. On cherche à croiser le regard une dernières fois des rennes qui nous ont accompagné tout au long de notre voyage, comme pour les remercier de nous avoir accueillis.

Arrivé au refuge, on pose les sacs et on range les bâtons une dernière fois. Nous sommes un peu en avance sur notre programme, on se demande ce que l’on va bien pouvoir faire de l’après midi. Mais l’appareil à gaufres et les pots de chantilly et confiture dans ce magnifique chalet tout en bois nous font comprendre que l’on ne va pas s’ennuyer !

On embarque une dernière fois, pour traverser le fleuve. Cette fois c’est finit. Ce fut une super aventure, sans doute l’une des plus belles pour ma part. Encore merci à mes compagnons, Damien et Nicolas. Hâte de repartir avec vous…

Les premiers jours de cette aventure sont ici
Une aventure soutenue par :


