Après deux projets d’ascension avortés en 2020, l’envie de chausser les crampons et de retrouver les sommets devenait de plus en plus pressante. J’ai donc appelé Mathéo Jacquemoud, le guide avec qui j’avais fait, entre autre, l’ascension de la Petite Fourche, pour lui demander de me proposer une course qui pourrait assouvir cet envie de retourner en montagne. Seule contrainte passer la barre des 4 000 mètres, pour le reste il avait carte blanche.

La proposition de Mathéo : faire la traversée intégrale du Breithorn. Le Breithorn est une montagne du massif des Alpes pennines, à la frontière entre la Suisse (canton du Valais) et l’Italie (Vallée d’Aoste). Une montagne dont le nom signifie “Corne large” qui regroupe pas moins de cinq sommets. Un grande course d’altitude ou on oscille entre 4 000 mètres et 4 200 mètres. L’idée est de faire les 4 premiers sommets et si le temps et l’énergie sont là alors on poussera jusqu’au 5e.

Nous nous sommes retrouvé, samedi matin très tôt, à Chamonix pour un départ en direction de Cervinia, en Italie. Après 3 téléphérique et 1 500 mètres plus haut nous voici au Refuge Guides du Cervin (alt. 3 480 m), point de départ de notre journée. Le temps de nous équiper et nous voilà partis pour une longue chevauchée d’arêtes mixtes situé entre la Suisse et l’Italie.


La course démarre par l’ascension de la Roccia Nera, premier 4 000 du jour, sommet situé à l’extrémité orientale du massif du Breithorn et qui culmine à 4 075 mètres. À partir de là, nous ne descendrons plus sous les 4 000 durant toute la traversée. De là, quasiment toute la traversée se fera sur le une arête alternant corniches de neige, escalades, passages mixtes, désescalade, rappels, rochers et autre réjouissances dans une ambiance très aérienne.
Après avoir passé le deuxième sommet, le Breithornwillinge (4 106 m), l’arête devient plus technique et plus effilée avec des vues plongeantes des 2 côtés. Mathéo donne ses consignes : on fait doucement, on ne se précipite pas, mais on ne s’arrête pas. Il n’est pas recommander de stationner trop longtemps dans ces situations. Pas très rassurant, mais j’ai une confiance total en Mathéo.

Un peu plus loin, nous trouvons un endroit plus en sécurité ou nous pouvons profiter du paysage. La vue à 360° sur de nombreux grands sommets des Alpes est exceptionnelle. Derrière nous, le Polux et le Castor, le Liskam et tous les sommets du Mont Rose. Alors que devant, le Cervin, la Dent d’Hérens, la Dent Blanche, le Zinalrothorn, le Weisshorn et au fond le Mont Blanc s’offre à nous (ça rappelle des souvenirs).

Après le Breithorn Orientale (4 141 m), nous atteignons le sommet du Breithorn Central (4 160 m). Nous avons bien progressé, à un bon rythme, doucement mais surement. Niveau timing on est bien, un peu fatigué mais je sens que je peux continuer, du coup nous décidons d’aller jusqu’au bout et de faire le dernier sommet, le Breithorn Occidentale (4 165 m), le plus haut des 5 sommets.

Après 6h de traversée, nous redescendons en direction du Refuge Guides du Cervin. Ce fût une magnifique journée. Une jolie course hyper variée qui allie des pentes raides, des arêtes exposées, des rappels et de belles escalades dans un terrain mixte avec une vue exceptionnel tout le long de la traversée. Merci beaucoup Mathéo pour ce pur moment de bonheur.
