Il y a deux ans, j’ai participé à la Moins’hard, une des courses de la Montagn’hard. Un trail de 70 km pour 5 400 mD+. Malheureusement, suite à une nuit très courte, seulement 3 heures de sommeil, à cause d’un voyage semé d’embûches (train avec 3 h de retard et un AirBnB introuvable), j’ai dû abandonner au bout d’une vingtaine de kilomètres. Mais c’était sûr, un jour j’aurais ma revanche. Ce jour est arrivé ce samedi 6 juillet, où me revoici à Saint-Nicolas de Véroce, un joli village perché à 1 180 mètres d’altitude sur un petit plateau rocheux des contreforts du Mont Joly, face au Mont-Blanc.

Tout est parfait
Il est 7 heures, le départ va être donné. Cette fois, j’ai bien dormi, rien ne pourra m’arrêter. Du moins, c’est ce que je croyais. Lorsque le départ est donné, la météo est parfaite : légèrement couvert, mais la température est idéale pour attaquer la première partie. Une montée de 1 400 m de dénivelé positif pour atteindre le sommet du Mont Joly, qui culmine à 2 525 m d’altitude et offre un panorama à 360° dans le massif du Beaufortain en Haute-Savoie. L’ascension ne se fait pas sans douleur. Chaque pas est un défi, les sentiers raides et caillouteux mettent à rude épreuve mes jambes et ma détermination. Les jambes sont lourdes, les muscles brûlent, mais la récompense est de taille. La vue est impressionnante : on peut y apercevoir le Mont Blanc, l’Aiguille du Goûter, le Col de la Forclaz ainsi que les Glaciers de Miage, des Bossons et de l’Argentière. La beauté du paysage me redonne de l’énergie pour continuer.


Ensuite, s’ensuivent 4 kilomètres de crêtes magnifiques pour atteindre l’Aiguille Croche, située à 2 487 m, offrant une vue imprenable sur Megève et le Val d’Arly d’un côté, sur le Val Montjoie qui surplombe les Dômes de Miage, l’Aiguille de Bionnassay et le Mont Blanc, ainsi que sur la vallée de Hauteluce et son Lac de la Girotte. La descente vers le Lac de l’Étape, situé plus bas au pied du télécabine le Signal, aux Contamines, marque le premier ravitaillement. Cette première partie très alpine, qui fait 21 km et 1 500 mD+, est incontestablement la plus belle du parcours. La descente est technique, avec des pierres glissantes et des racines traîtresses, mais la beauté des sentiers vaut chaque effort.


Le début de la fin
Ensuite, la météo a commencé à se couvrir et quelques gouttes ont commencé à faire leur apparition. Mais c’est en arrivant au deuxième ravitaillement à 29 km que les choses ont vraiment pris une autre tournure. Une tempête de pluie et de vent s’est littéralement abattue sur nous, en l’espace de quelques minutes, pendant 3 bonnes heures. La température a chuté brutalement pour atteindre un ressenti de 5°, la vue s’est bouchée, finies les jolis panoramas. Ce ne fût pas vraiment une surprise, l’organisation nous avait prévenus et nous avait obligés à partir avec le Kit Grand Froid. Frigorifié, je profite du ravito pour me réchauffer, me changer et me couvrir. Chaque seconde est précieuse, le froid mordant me pénètre jusqu’aux os, je décide de repartir en espérant me réchauffer en courant.


Bien qu’il y ait eu une accalmie pendant une bonne heure, l’organisation nous informe qu’une nouvelle tempête, bien plus grosse que la première, arrive en fin de journée et que, pour des raisons de sécurité, il est préférable de raccourcir le parcours. En effet, la pluie est de retour, les sentiers gorgés d’eau sont extrêmement boueux et la progression se fait plus lente. Les descentes deviennent de véritables patinoires où chaque pas est un risque de chute. Au 46e kilomètre, l’organisation nous fait bifurquer sur le 50 km, ce qui nous permet de terminer sous des trombes d’eau mais d’arriver quand même à Saint-Nicolas de Véroce avant la tempête. Résultat : 10h42 pour parcourir les 50 km (au lieu de 70) et 3 350 mD+ (au lieu des 5 400).


Malgré les difficultés rencontrées, cette course restera gravée dans ma mémoire comme un souvenir magnifique. La première partie, avec ses paysages alpins époustouflants et ses vues à couper le souffle, est vraiment incroyable. Le défi physique intense et les conditions météorologiques extrêmes ont transformé cette aventure en une véritable épopée. Chaque kilomètre parcouru, chaque montée ardue et chaque descente technique ont mis à l’épreuve non seulement mes capacités physiques, mais aussi mon mental. Les moments de doute et de découragement ont été nombreux, ce n’était pas la course que j’avais planifiée mais ça restera une avenue riches en émotion et en enseignements. Merci à St-Yorre pour l’invitation et à Millet et Julbo pour leur soutien.
📆 Juillet 2024 | 📍 Saint-Nicolas de Véroce | 🥾 50 km | ⏱️ 10h42 | 🏔 3 360 mD+ | 🗺️ Trace sur Strava



