Lorsque l’on m’a parlé du Trail du Petit Saint-Bernard, on me l’a décrit comme un trail plutôt « rude, sauvage et authentique » et que pour ces raisons il devrait me plaire. Intrigué et pas forcement convaincu, je me suis rendu sur le site du Trail de Petit Saint-Bernard. Et c’est en voyant le disclaimer sur la page de description du 60 km / 3 500 mD+, que je me suis dit « Ok, j’y vais ! ». Voici ce qui est marqué : « Attention, ce parcours est réservé aux trailers aguerris ayant déjà une certaine expérience en montagne. En effet, le tracé comporte quelques passages aériens et techniques susceptibles de ne pas convenir à tout le monde ! »

Départ : Les Chapieux
C’est comme ça que je me suis retrouve le dimanche 7 octobre à 6h00 au lieu dit « Les Chapieux », petit hameau de maisons situé au fond d’une vallée entourée de montagnes que l’on a hâte d’aller explorer. Il fait nuit noire mais nous sommes prêts, les 350 coureurs, d’aller en découdre sur les crêtes. Le départ est donné, on allume les frontales et nous voilà parti pour longue et belle journée en montagne.
Le départ se fait par une première partie sans grande difficulté qui consiste à remonter une petite route pour rejoindre le village des Glaciers, puis le refuge des Mottets. C’est à partir de ce moment là que les choses sérieuses commencent : la montée vers le col de l’Ouillon situé à 2 616 m, soit après 1 000 mD+. Le serpentin lumineux formé par les frontales de la colonne de premier traileurs commencent à s’étirer.

Col de l’Ouillon (2616m) & Col de la Forclaz (2521m)
Au bout d’une bonne heure, le jour commence à se lever peu à peu, et l’on commence à voir les chaines de montagnes avec leur névés qui nous entoure. La luminosité grandit, le ciel et les cimes se teinte de rose. La vue est magnifique. On a presque envie de se poser de profiter d’un tel spectacle. J’en profite pour faire quelques photos, mais aujourd’hui ce n’est pas pour ça que l’on est là. Il faut vite repartir. Le col de d’Ouillon n’est plus très loin.


Passé le col, une belle descente s’offre à nous avant d’affronter la deuxième grosse difficulté du jour le col de la Forclaz à 2 521 m d’altitude, un mur de 500 mD+ sur un peu plus de 2 km. La montée ne se fait pas sans difficulté mais une fois de plus arrivé au col le panorama est magnifique. Sans plus attendre je repars pour l’Hospice du Petit Saint-Bernard à 2 158 m. Un Hospice qui s’est transformé en gîte d’étape.

Hospice du Petit-Saint Bernard (2158m)
L’Hospice du Petit Saint-Bernard marque la fin d’une première partie, à partir de la nous allons faire une boucle de 40 km dans la vallée d’Aoste, en Italie, pour revenir ici, qui sera l’arrivée. Ensuite nous prendrons une navette pour revenir à « Les Chapieux ». Mais ça c’est pas pour tout de suite. Après avoir refait le plein, je repars vers le lac du Verney qui se trouve à peine à 2 km.


Le ciel s’est chargé tout au long de la matinée, et même si la vue sur les montagnes s’est bouchée l’ambiance autour du lac est magique et mystérieuse à la fois. À parti de là, changement de décors. C’est parti pour plus de 10 km de totale évasion dans un milieu extrêmement sauvage et très préservé où le temps semble s’être arrêter. Nous traversons de grandes plaine fluo-glacière ou les sentiers sont en discontinues voir absent, agrémentées de petits lacs glaciaires c’est magnifiques.

Col de Bassa Serra (2742m) & Col des Chavannes (2592m)
Prochains cols, prochaines difficultés. S’enchainent les col de Bassa Serra (2 742 m) puis le col de Charvannes (2 592 m), avec une grosse partie un peu plus technique sur un chemin étroit à flanc de montagne avant d’arrivé un un passage ou l’on doit ranger les bâtons nous allons avoir besoin de nos mains pour nous tenir à une chaîne sur un tronçon très aérien équipé façon via ferrata encadré par des guides de haute montagne. Il parait que la vue sur le Mont Blanc et le Dôme du Goûter est superbe, malheureusement la vue est bouchée, on ne voit pas à plus d’une dizaine de mètres. Heureusement, j’ai eu l’occasion de le voir de plus près lors de son ascension en alpinisme, mais ça c’est une autre histoire, ici.

De là, direction le Mont Fortin, point culminant de la course à 2 758 m d’alt., et une superbe crête aérienne avec plus de 1 000 mètres de vide sur le côté gauche de la vallée italienne qui nous emmène au pied du Mont Favre. Le 42e km passé, s’offre à nous une longue descente sans grande difficulté, si ce n’est la fatigue qui comme vraiment à se faire sentir. Le lac Verney pointe le bout de son nez ce qui annonce la fin. Plus que 2 km jusqu’à l’Hospice du Petit Saint-Bernard. Après 10h58 d’effort, enfin je passe la ligne d’arrivée.

Cette course est vraiment incroyable, elle fait incontestablement parti des plus belles courses de trail que j’ai pu faire. Le disclaimer disait vrai, une véritable course de haute montagne, sauvage et engagée avec des passages aériens et techniques. Une course, où la plus part du temps l’on se trouve à plus de 2 000 m dans des paysages grandioses. Un moment inoubliable !
