Il y a des aventures qui ne se refusent pas. Celle-ci en fait partie. Quand Damien et Nicolas de les Others m’ont proposé de partir aux confins de la Laponie dans le parc national de Sarek, je n’ai pas réfléchis longtemps pour leur dire oui. L’idée, partir en totale autonomie 7 jours pour découvrir l’un des espaces les mieux préservés et plus sauvage d’Europe.
Le Sarek
Le parc national de Sarek (en suédois : Sareks nationalpark) est un parc national qui se situe au Nord de la Suède en Laponie. Il couvre environ 2 000 km2 de terre sauvage très difficile d’accès, et ne possède que de très peu d’infrastructure touristique. Il n’existe aucune route pour le rejoindre. Le Sarek, ainsi que le reste de la Laponie qui l’entoure, sont souvent qualifiés de « plus grande zone encore vierge » d’Europe. Le terrain jeu idéal pour les marcheurs qui veulent se retrouver au milieu de… rien. Rien voulant dire seul, sans réseau et sans chemin balisé.
Mais la Sarek a un prix. Et ça commence par un voyage de 2 200 km. Nous aurions pu prendre un avion Paris-Stockholm (env. 2h30) puis un second Stockholm-Kiruna (env. 1h30) pour ensuite rejoindre Kebnats (env. 2h30 de voiture) point de départ de notre trek.


Mais nous avons opté pour une version plus longue et faire de notre voyage une aventure à part entière. Pour ça nous avons décidé de prendre un train de nuit au départ de Stockholm, direction Gällivare (env. 14h) ou nous attend une voiture de location (env. 1h30) pour rejoindre Kebnats. Un voyage certes beaucoup plus long mais aussi beaucoup plus écologique.

La Kungsleden, le sentier des rois
En France nous avons le GR20, que j’ai fait en 2018, en Suède ils ont la Kungsleden, la « Voie Royale », un sentier de 425 km dan le nord de la Laponie. Une voie qui a vu le jour à la fin du XIXe siècle pour rendre accessible ces magnifiques paysages lapons. L’itinéraire a été progressivement équipé en refuges.

C’est du refuge de Saltoluokta, situé sur la Kungsleden que nous avons décidé de commencer notre aventure. Nous avons suivi la « Voie Royale » sur une vingtaine de kilomètre avant de bifurquer plein ouest pour entrer au coeur du Sarek pour se retrouver dans des lieux sauvages et variés, entre forêts, marais, pierriers torrents et grands espaces lunaires. L’idée est de faire une boucle dans cette nature sauvage ou il n’existe aucune route ni chemin balisé, avant de revenir un peu plus bas sur la kungsleden.

Des paysages magnifiques mais un terrain difficile ou la météo est très changeante et ou la brouillard et la pluie peuvent s’inviter en quelques minutes. Nous sommes partis du 18 au 24 août à la fin de la saison estivale. Plutôt, la neige peut encore être présente en quantité par endroit, les les nombreux fleuves peuvent s’avérer trop hauts à traverser. Et plus tard, les jours raccourcissent vite et les températures baissent considérablement.
Au niveau des températures, c’est la meilleur période. La température atteins facilement les 15°C au soleil en journée et ne descend pas plus bas que 5°C la nuit. En revanche c’est la période la plus pluvieuse de l’année. Avec 3 jours de pluie sur 7, nous pouvons dire que nous avons eu beaucoup de chance !

Jour 0 – Le voyage
C’est donc lundi 17 août à 7h00 que je rejoins mes compagnons d’aventure Damien et Nicolas pour ce qui s’annoncent être un de mes plus beaux trek. Mais, très vite les soucis commencent, nous arrivons à Stockholm avec 3h30 de retard. La petit tour en ville pour découvrir la capitale sera pour une prochaine fois. Nous avons juste le temps d’acheter des bouteilles de gaz (car il est interdit de voyager en avion avec du gaz) et direction la gare centrale.

Maintenant, c’est parti pour 14h de train. Bien que la cabine soit une minuscule pièce dans laquelle ne figure qu’un évier et trois lits superposés, c’est le grand luxe comparé aux sept prochains jours. Dans le wagon, nous avons même le droit à une très belle douche, que l’on ne privera pas de prendre. On se mets à l’aise et on profite du voyage. On a hâte…

Jour 1 – La Kungsleden
Après une bonne nuit de sommeil, un petit changement à Boden, le train finit par arriver Gällivare avec… quelques heures de retard ! Maintenant direction Kebnats (env. 3h) et enfin pour terminer un bateau pour traverser le lac jusqu’au refuge de Saltoluokta qui sera notre point de départ. Après plus de 34h de voyage, nous voici enfin en pleine nature scandinave.
Le voyage n’a pas été de tout repos mais l’excitation nous gagnent et nous ne perdons pas une minute pour nous mettre en route. Nous devons suivre la Kungsleden sur une vingtaine de kilomètre avant de rentrer au coeur du Sarek. Avec le retard accumuler, on pense ne pouvoir en faire qu’une petite dizaine.


Après quelques kilomètres on sort de la forêt et l’on découvre les premiers paysages magnifiques qui s’offrent à nous. On ne sait déjà plus ou donner de la tête, derrière nous la vue sur le lac que nous venons de traverser est superber. On aperçoit les premiers rennes qui s’arrêtent et nous regardent curieux. Ils semblent nous souhaiter la bienvenue. La nuit commencent à pointé le bout de son nez et la température chuter rapidement.
Finalement, nous avons bien avancer, après 15 kilomètres nous décidons de planter les tentes. Demain nous devrions pouvoir rattraper les 5 kilomètres de retard et revenir rapidement sur notre plan de route initial. La journée a été longue, on devrait bien dormir.

Jour 2 – Seuls au monde
Il est à peine 6h, je suis déjà réveillé. Les copains dorment encore dans leur tente. J’en profite pour aller faire un petit tour histoire de me réchauffer et de profiter des premières lueurs. Quelques instants plus tard tout le monde se reveille, Damien à même le sol, son matelas complètement dégonflé… Ça commence bien…

Un rapide petit-déj et on replie les tentes. Encore quelques kilomètres avant d’arriver à Sitojaure. Un barque nous attend marée à un ponton, avec à son bord Mickaël, un Sami, qui sera notre capitaine pour cette traversée, direction l’extrémité ouest du lac. 45 minutes plus tard, nous entrons enfin dans le Sarek. Finit, le réseau, à priori on ne devrait plus rencontrer grand monde, enfin seuls au monde.

Après quelques centaines de mètres dans une végétations luxuriante, le paysage change brusquement. Le terrain devient de plus en plus Alpin, on voit à des kilomètres. Des collines on est passé au montagnes avec névés. Les pierriers ont pris place dans la vallée. Premier passage de cours d’eau pieds nus, et ce ne sera pas le dernier, y’a pas à dire, elle est vraiment froide ! Mais c’est magnifique.

17h00, il est temps de trouver un endroit ou bivouaquer. Pour ce soir, le spot est top, la vue magique, aux pieds des montagnes. Cacahuètes et saucisson, le rituel de l’apéro peut commencer.

Jour 3 – La tête dans les nuages et les pieds dans l’eau
Ce matin c’est le bruit des gouttes de pluie sur la tente qui fera office de réveil. On attendait pas la pluie de si tôt, mais on, le savait, le temps change très vite ici. Les nuages sont bas et lourd, la journée va être compliquée. On profite d’une légère accalmie pour plier les tentes rapidement et enfiler les vestes Gore-Tex. On avale rapidement un petit-déjeuner, et nous revoilà partis.


On avance à bon rythme mais on rencontre beaucoup de rivières, en remontant le fleuve, qu’il faut traverser. On perd pas mal de temps à les longer dans l’espoir de trouver des passages ou l’on pourrait sauter sur des rocher pour ne pas avoir à traverser pieds nus. Bien souvent, c’est peine perdue, il faut prendre notre courage à deux mains, enlever nos chaussures, relever nos pantalons et serrer les dents.


Après quelques heures de marches et quelques franchissements de rivières, nous arrivons de l’autre côté de la vallée. Le ciel c’est éclaircit, on en profite pour manger et tenter de faire sécher nos affaires au bord d’un magnifique lac. La deuxième partie de la journée ne s’annonce pas simple. Une belle ascension nous attends. Avec la pluie qu’il est tombé depuis ce matin, le chemin escarpé est très glissant et à flanc de falaise. Il faut se montrer prudent.


Mais le jeu en vaut la chandelle, arrivé plus haute, nous découvrons un magnifique lac d’altitude, le Snávvajávrre, au milieu de montagnes perdues dans les nuages. On a trouvé LE sport idéal pour ponctuer cette troisième journée.
La suite de cette aventure se trouve ici
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