Alors que je passe quelques jours à Chamonix, je prends conscience que, bien qu’ayant fait pas mal de choses, je n’ai jamais pris la peine de faire un classique du coin : la randonnée « La Jonction », qui mène à la jonction des glaciers des Bossons et de Taconnaz, à 2 589 m d’altitude. Un itinéraire qui annonce la couleur : environ 13 km et plus de 1 700 m de dénivelé positif (4 h 50 d’ascension annoncées), de quoi donner envie d’alléger le sac au maximum. C’est aussi un lieu chargé d’histoire. Le glacier des Bossons fait partie de la route mythique empruntée par Jacques Balmat et le docteur Paccard lors de la toute première ascension du Mont Blanc, le 8 août 1786. Que je ferai en septembre 2017.

Il est 8 h et me voici au hameau du Mont, à 1 156 m, pour une belle randonnée en perspective. La première étape consiste à rejoindre le chalet du Glacier des Bossons. Le sentier commence déjà à être bien raide, avec une succession de lacets qui chauffent bien les jambes. Le regard rivé sur le sol, c’est après 25 min de montée que j’aperçois le chalet, vers 1 425 m. Il est possible d’y monter par l’ancien télésiège, mais j’ai choisi d’y monter à pied. Du chalet, un petit sentier thématique raconte la vie du glacier et offre une première vue de celui-ci.


Au-dessus, le chemin se tend franchement ; on est encore dans les bois, mais à travers les sapins on peut commencer à apercevoir l’Aiguille du Midi, qui perce le ciel à 3 842 m, devant la courbe massive du Dôme du Goûter à 4 304 m, et, en face, les Aiguilles Rouges à 2 965 m. À mesure que ça grimpe, le paysage s’amplifie et le terrain change. La roche commence à prendre le relais des racines, et des marches métalliques aident à franchir le Mont Corbeau, à 2 334 m, passage encore plus abrupt.


Un amas de blocs annonce le Gîte à Balmat (2 530 m) : c’est ici que Paccard et Balmat bivouaquèrent le 7 août 1786, en route vers la première ascension du Mont Blanc. Le sentier est au plus près du glacier ; on peut sentir la fraîcheur qui sort de la glace, c’est vraiment très impressionnant. En arrivant au sommet de « La Jonction », les deux glaciers ne forment plus qu’un. Les énormes crevasses bleutées rappellent que la montagne bouge même quand elle paraît immobile. Le sifflement du vent donne l’impression que le glacier respire. On se sent tout petit.

La vue sur la vallée de Chamonix est incroyable : d’un côté, l’Aiguille du Midi et les remparts du Mont Blanc du Tacul s’imposent à l’est, tandis qu’à l’ouest s’arrondit l’épaule du Dôme du Goûter. Plus loin, on peut apercevoir les Drus et l’Aiguille Verte, si nets que l’on croit voir le grain du granit. Et, en contrebas, les Aiguilles Rouges viennent compléter ce magnifique panorama.

Après 2 h 30 d’ascension, et une belle pause le temps de me remettre de mes émotions, je repars par le même chemin. Après 5 h d’effort, me revoici au hameau du Mont. Ce fut une super rando ; il était temps de la faire, depuis le temps que je viens à Chamonix, et vu la vitesse à laquelle fondent les glaciers, bientôt il ne restera plus grand-chose de ce magnifique spectacle.
📆 Juin 2025 | 📍 Chamonix | 🥾 16 km | 🏔 1 680 mD+ | ⏱️ 5h | 🗺️ Strava
