Je devais initialement être ici pour courir le Trail du Petit Saint-Bernard. Malheureusement, un problème lié au matériel obligatoire m’a empêché de prendre le départ. Oui, il ne fallait pas oublier ses campons. Mais ça, c’est une autre histoire. Comme j’étais déjà sur place, et qu’une magnifique journée s’annonçait, j’ai décidé d’improviser une randonnée. Direction le Beaufortain, ce coin de Savoie que j’aime tant, sauvage et technique.

Des Chapieux au refuge de la Croix du Bonhomme
Il est 8h30, et je pars du petit hameau des Chapieux (1 560 m), au cœur de la vallée des Glaciers. L’objectif est clair : rejoindre le col de la Croix du Bonhomme (2 412 m) puis son refuge perché à 2 443 m. D’entrée de jeu, la pente est un peu raide mais je suis frais, alors c’est parti. L’itinéraire suit le célèbre GR® du Tour du Mont-Blanc, ce qui en fait un passage très fréquenté par les randonneurs mais il est encore tôt, et dès la sortie des Chapieux je suis un peu seul au monde.


La montée serpente d’abord vers les chalets de la Raja, avant de s’élever franchement. Trois bonnes heures d’effort sont annoncer pour rejoindre le col, véritable carrefour entre Beaufortain, Val-Montjoie et vallée des Glaciers. Il fait encore un peu frais, 3°C mais le ciel parfaitement dégagé : les panoramas sont splendides et donnent envie d’avancer malgré le dénivelé. Quelques minutes plus tard, apparait le refuge de la Croix du Bonhomme (2 443 m).

Du Refuge à la Tête Nord des Fours
Depuis le refuge, je poursuis en direction du col des Fours (2 665 m). Le chemin grimpe encore, et la fatigue commence à se faire sentir. Mais la motivation est grande : je vise la Tête Nord des Fours (2 756 m) et sa table d’orientation.
La dernière portion se fait dans la neige fraîche tombée quelques jours auparavant. La progression est plus lente, plus exigeante, mais quelle récompense en arrivant au sommet ! Là-haut, la vue est à couper le souffle : un panorama à 360° qui embrasse le massif du Mont-Blanc et, au loin, le Cervin qui se devine à l’horizon. Le silence, l’immensité, et cette impression de dominer le monde : un moment suspendu.


Direction le Lac de Mya
Je redescends ensuite en direction de la Ville des Glaciers, avant de bifurquer sur la droite. Le sentier me mène au lac de Mya (2 393 m), mon deuxième véritable objectif apès le sommet de la Tête Nord des Fours. À l’approche, le lac apparaît en contrebas, niché dans un écrin minéral, avec les Grandes Aiguilles en toile de fond. L’endroit est d’une beauté saisissante, sauvage, presque secret. Je m’arrête un instant pour contempler le reflet des montagnes dans l’eau, immobile. L’heure de faire une petite pause.


Vers le Col de Mya puis retour aux Chapieux
Il faut repartir. Le chemin remonte jusqu’au col de Mya (2 499 m), une petite centaine de dénelé positif, les dernier avant la grande descente. En me retournant, j’aperçois le lac devenu minuscule, lové dans son vallon. Autour, le spectacle est grandiose : l’Aiguille des Glaciers, le col de la Seigne et la montagne de la Seigne se découpent dans le ciel. La descente qui suit est longue, mais le décor compense largement l’effort. Au petit trot, je repasse par les chalets de la Raja avant de retrouver, un peu fatigué mais heureux, mon point de départ aux Chapieux.


Au total, une boucle un peu exigeante : environ 17 km pour 1 500 m de dénivelé positif. Pas une randonnée facile, mais une aventure qui m’a rempli les yeux et les jambes. Je n’aurai peut-être pas pris le départ du Trail du Petit Saint-Bernard cette année, mais je ne serai pas venu pour rien. L’année prochaine je reviens mais avec mes crampons cette fois.
📆 Septembre 2025 | 📍 Les Chapieux, Savoie | 🥾 17 km | 🏔 1 450 mD+ | ⏱️ 4h30 | 🗺️ Strava
