Ça fait un petit moment que je fais des courses de trail et j’avais envie de me lancer dans une course pas comme les autres. C’est pourquoi je me suis tourné vers la Gore-Tex Transalpine Run. Un Trail sur 7 jours de 255 km pour plus de 16000 m de dénivelé positif, qui part de Garmish en Allemagne, traverse l’Autriche pour finir en à Brixen en Italie et qui se court à deux. Alors, j’ai pris mon pote Gil sous le bras, direction les Alpes.


Cela fait maintenant des semaines que nous nous préparons et c’est avec beaucoup d’excitation que nous prenons le départ de la première étape. Il ne fait pas très beau et la brume rend les premiers paysages forestiers très mystérieux et énigmatiques. Après plusieurs heures de course, nous passons la ligne d’arrivée, très content de cette première journée.


Passée l’euphorie de la soirée d’après course, nous nous rendons vite compte que ça va être plus compliqué que prévu . Dès le deuxième jour les courbatures nous rattrapent. Puis les nuits courtes commencent à peser et une fatigue générale s’intalle. C’est là que la course en duo prend tout son sens. Nous pouvons compter l’un sur l’autre dans les moments les plus difficiles. Il va falloir s’accrocher.

Et puis le coup dur. Au milieu de la quatrième étape, Gil a très mal aux genoux. Les descentes très techniques ont eu raison de ses articulations. Et vu la prochaine montée qui nous emmène au glacier, il est plus sage d’abandonner. Je repars donc seul, décidé à finir malgré tout cette quatrième étape. Sans doute la plus belle, entre glaciers et lacs, les paysages sont somptueux. Mais, c’est aussi à ce moment là que le doute commence à pointer le bout de son nez. Arriverais-je à aller jusqu’au bout de cette aventure ?


À partir de là, c’est un vrai chemin de croix pour moi. Courir. Dormir. Courir. Dormir. On se croirait dans le film, “Un jour sans fin” avec Bill Murray, où chaque jour qui passe recommence indéfiniment. Les douleurs et les courbatures sont à leur maximum, je suis exténué. Et les questions affluent : pourquoi ?, pourquoi s’être inscrit à cette course ?, où trouver la force de poursuivre ? Et puis vient le jour de la dernière étape : plus que 40km…

Nous sommes de moins en moins nombreux sur la ligne de départ. Les derniers « survivants » arrivent en boitant, strappés de partout mais tous motivés pour en découdre une dernière fois. Je n’en peux plus. Le départ est difficile. Je prends réellement conscience de ce que veut dire “finir au mental”. Et puis, contre toute attente, le fait de savoir que la ligne d’arrivée n’est plus très loin, je retrouve mes jambes et j’avale les derniers kilomètres comme au premier jour, pour enfin passer la ligne d’arrivée.

Alors oui, ce fût une véritable souffrance, surtout les 2 derniers jours. Je ne suis pas sûr que je la referais, ou plutôt je suis sûr que je ne la referai pas mais je suis très content d’en avoir vu le bout et je suis très fier de pouvoir dire : je suis finisher de la Transalpine Run !
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