Cette année avec mon pote Gil, nous avions décidé de faire l’ascension du Mont Blanc au mois de septembre. Un rêve de gosse. Ce sera notre premier 4000 et même notre première ascension ensemble. Alors avant de nous embarquer dans cette aventure, nous avons pensé qu’il serait bien de faire une course avant le grand jour. C’est pourquoi, mi-mai, nous sommes partis dans le Pelvoux à l’assaut du Pic du Glacier d’Arsine, un sommet qui culmine à 3 364 mètres.

JOUR 1
Il est 9h lorsque nous arrivons à Argentière dans Les Écrins. Sur le parking de la gare nous attend notre guide, François Lombard dit « Babar ». Ni une ni deux, nous avons chargé la voiture : direction le Pelvoux. Le temps est magnifique, presque trop chaud même. On vérifie nos sacs une dernière fois et nous voilà partis. Après quelques heures de marche d’approche, on commence à sentir le craquement de la neige sous nos pieds. Le bruit de quelques ruisseaux annonçant les premières fontes de neige brise le silence presque inquiétant. On est seul, on est bien.


Nous profitons d’une petite pause pour revoir les consignes et gestes de sécurité en cas de problème. À priori, entre aujourd’hui et demain, le temps sera calme et bleu. Tout devrait bien se passer. Mais quand sera-t-il le jour J quand nous serons à plus de 4 000 mètres d’altitude ? On en profite donc pour mettre en pratique les bases : cramponner, s’encorder, grimper, descendre en rappel… Et faire un point sur le matériel nécessaire pour le jour de l’ascension.


Il est 18h lorsque nous arrivons au Refuge du Glacier Blanc. Perché à 2 542 m, il offre une vue magnifique sur le massif des Écrins et le Glacier Blanc. La fatigue ne se fait pas attendre. Juste le temps de profiter du couché de soleil et nous tombons déjà dans les bras de Morphée. Demain il faudra se lever tôt, mais pour le moment, on va profiter de ces quelques heures de sommeil.


JOUR 2
On a à peine fermé les yeux que déjà le réveil sonne. Il est 5 heures. Pour le moment, bien que l’on distingue nettement la lune, il fait nuit noire. On descend prendre le petit déjeuner, sans dire un mot mais l’excitation est palpable. 30 minutes plus tard, nous voilà dehors chaussant les crampons et prêts à partir pour le sommet du Pic du Glacier d’Arsine.



Les premiers pas sont lourds et même s’il n’y a pas le moindre vent, le froid est bien présent. La différence de température avec hier après-midi est saisissante. Mais, rapidement, après quelques minutes d’effort, on commence à sentir la chaleur nous envahir. Le paysage est magnifique, nous sommes seuls, pas le moindre point lumineux qui nous ferait penser à des frontales. Le silence en est presque pesant, on voudrait crier pour être sûr que tout ça est bien réel.


Au fur et à mesure de notre ascension, le soleil se lève et les couleurs changent. Elles sont magnifiques. Bleu, rose, jaune, orange… On avance doucement, plus pour profiter du spectacle que par fatigue. Il est en environ 10h30, lorsque l’on arrive au sommet. La vue sur le massif des Écrins est époustouflante. On pourrait rester là des heures à contempler les montagnes, si majestueuses. Malheureusement nous avons un train à prendre. Sur le chemin du retour, on a déjà en tête le mois de septembre et notre ascension du Mont Blanc. On a hâte.

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