Pour ceux que ne le savent pas, je suis Parisien. Pourtant dans mon entourage, certains diront que je vais souvent à la montagne. Mais que nenni, ma dernière ascension par exemple remonte en fait à septembre 2017 avec l’ascension du Mont Blanc, et rien en 2018. C’est donc avec une immense joie que j’ai repris sac à dos, piolet, casque, baudrier et crampons, direction Chamonix où m’attendait Mathéo Jacquemoud, guide de haute montagne, pour aller conquérir un nouveau sommet : celui de la Petite Fourche. Sommet qui culmine à 3500m d’altitude.


Briefing
Cette course est un classique du coin. L’itinéraire habituellement emprunté consiste à faire l’ascension sur 2 jours comme suit : prendre le télécabine de Charamillon, puis le télésiège des Autannes qui vous emmène à 2185m d’altitude, avant de rejoindre le Refuge Albert 1er, d’y passer la nuit, et de partir tôt le lendemain pour ensuite faire l’ascension. Mais Mathéo m’a proposé un tout autre itinéraire : faire l’ascension “à la journée”. “À la journée ? C’est-à-dire Mathéo…”. “C’est simple, on part à pied du village et on monte directement au sommet.”


3h30 : Départ du village du Tour
Alors forcement pour faire l’ascension “à la journée”, il a fallu partir tôt, très tôt. Il est 3h30 lorsque l’on finit de vérifier le matériel et que l’on se met en route. Il fait nuit noire, pas un bruit ne vient troubler le calme rassurant et étrange à la fois. Nous voilà donc partis pour le Refuge Albert 1er situé à 2700m d’altitude. Avec un départ du Village du Tour à 1450m, c’est donc 1250m de dénivelé positif qu’il va falloir avaler en à peine 5km.

5h40 : Refuge Albert 1er
Après 2 bonnes heures d’approche, nous arrivons au refuge. On en profite pour boire un thé, se changer et laisser quelques affaires. Les gens du refuge comment à se lever. Les tables déjà dressées pour le petit-déjeuner se remplissent rapidement. Avec Mathéo, nous décidons de ne pas trainer et de partir avant eux pour être le plus longtemps possible seuls en montagne.



6h30 : Lever du jour
Un peu moins d’une heure plus tard, nous arrivons au Glacier du Tour. Pile au moment où le jour pointe le bout de son nez. Les montagnes commencent à rosir à vue d’oeil, et au loin on aperçoit le Mont Blanc. J’ai beau avoir déjà assisté à ce genre de spectacle, à chaque fois, je reste ébahi par temps de beauté. Je ne m’en lasse pas. C’est toujours aussi magique. Et je sais que c’est la même chose pour Mathéo.


7h45 : Glacier du Tour
On chausse les crampons, on s’encorde, le piolet dans une main et c’est reparti. La progression se fait lentement. C’est une belle journée, on profite du paysage au maximum. Mathéo me donne le nom de toutes les montagnes que l’on peut voir aux alentours : “Alors là, ce sont les Aiguilles d’Argentifère… ici le Chardonnet… à droite le Mont Blanc… tout au fond on peut distinguer le Cervin…” . Il me raconte des anecdotes comme cette histoire : “Tu vois, c’est ici, sur le Taneverge qu’en 1834 est mort Jacques Balmat. C’était un alpiniste / chercheur d’or. Ils sont partis à deux, un seul est revenu. On ne sait pas vraiment ce qu’il s’est passé. Certains pensent que le premier à tué le deuxième pour lui voler sa part d’or. »



9h30 : Sommet de la Petite Fourche
Nous arrivons au pied de la Petite Fourche, au Col Blanc. Le Col marque la frontière entre la France et la Suisse. Plus que 200m de dénivelé positif et nous serons au sommet. Si cette dernière partie est un peu plus technique, elle ne pose pas de réelle difficulté. Nous y sommes, il est 9h30. La vue panoramique à 360° est tout simplement magnifique. D’un côté la France, de l’autre la Suisse. Tant de montagnes à gravir… Après une bonne heure à contempler le paysage, il est temps de repartir.



Production : Moutain Legacy
Guide : Mathéo Jacquemoud
Photos : Jordan Manoukian, Olivier Pineda
Une aventure soutenue par





